Pourquoi certaines personnes mangent-elles sous le coup de leurs émotions ? Pour le comprendre il faut se demander à quoi nous servent les émotions ? Et ce qui les provoque.

1 - Ce qui provoque les émotions. 
Pour la plupart des psychologues, les émotions sont considérées comme le résultat de la relation qu'entretient la personne avec les objets qui l'entourent. Ce ne sont pas les événements qui font souffrir les hommes mais l'idée qu'ils s'en font, disait Epictète. Ainsi la source des émotions est à rechercher dans les relations qui se nouent avec notre environnement : la mère, le père, la famille, le travail, les amis, la société, l'argent, le sexe... et, bien sûr, la nourriture et le corps. Même une simple armoire peut réveiller en vous des émotions incontrôlables si elle vous rappelle les punitions injustes d'une vieille tante acariâtre. Habituellement les armoires ne rendent pourtant pas les gens anxieux. Mais ce qu'ils en pensent peut leur rappeler un vécu charger de grandes douleurs.


2 - À quoi servent ces émotions ? 
De quoi souffre un individu ? De son divorce, de la disparition d'un être cher, de ses difficultés financières ou professionnelles, des mauvais résultats scolaires de ses enfants, de ses échecs à répétition, des critiques qu'on lui adresse, de la mauvaise opinion qu'il a de lui... ? Rien de tout cela. Il souffre d'éprouver des émotions qui lui font mal. Et voilà le vrai rôle des émotions. Elles servent à nous faire réagir. Pour précisément nous pousser à agir sur ce qui les a provoquées. Mobilisant parfois toute notre énergie dans le seul dessein de faire disparaître ce qui nous fait souffrir. La colère incite l'individu mécontent à s'adresser à celui qui l'a irrité afin de lui faire modifier son comportement. Elle peut également l'inciter à s'interroger sur sa propre colère et se demander pourquoi il ressent une émotion d'une telle force. Face à un danger, l'individu éprouve de la peur. Il peut réagir en écartant le danger ou en réévaluant la situation qu'il jugeait auparavant dangereuse. Dans les deux cas, son anxiété s'atténue et peut même disparaître. Sa réaction est très appropriée et lui permet d'augmenter ou préserver son bien-être. Quoi qu'il en soit, pour vous débarrasser d'une émotion négative vous pouvez soit agir sur l'objet qui l'a provoqué soit sur la relation que vous entretenez avec cet objet.


3 - Pourquoi les émotions font-elles manger ? 
Simplement pour neutraliser une émotion dont l'individu n'a pas trouvé le moyen de se débarrasser d'une autre manière. Dans ce cas, il fait appel à ses stratégies réconfortantes qui ne modifient rien à la situation mais présentent l'immense intérêt de produire des émotions positives. Il peut sortir faire un tour du parc, aller chez le coiffeur, dépenser de l'argent dans les boutiques de prêt-à-porter ou de bricolage, fumer une cigarette sur son balcon, aller promener son chien, faire un câlin à son amoureux ou son amoureuse... Il peut aussi décider de s'offrir une petite gâterie ou un bon restaurant. Si nous avons à faire à un mangeur régulé, les choses en resteront là. Heureux de son bon repas, il dormira ensuite du sommeil du juste. Et s'attaquera le lendemain, plus serein et bien nourri, à une situation qui n'aura pas changé. Il en ira bien autrement si nous avons à faire à un mangeur restreint. Dans ce cas, incapable de penser du bien de ses aliments, ces derniers ne feront rien d'autre que produire des émotions négatives qui, loin de venir neutraliser les premières, ne feront que les aggraver et l'empêcher de s'arrêter de manger. Le mangeur restreint mange dans l'espoir de trouver un réconfort dans des aliments qui ne font que nourrir sa détresse.

La maladie du mangeur restreint n'est pas de chercher à se réconforter en mangeant. 
Elle est de ne pas y parvenir. 

4 – Demandez la suite du programme 
Traiter la restriction cognitive est une étape très importante de la prise en charge de vos problèmes de poids. Grâce à cela, votre relation avec les aliments s'en est trouvée profondément modifiée et pacifiée. Nous avons fait en sorte que vos aliments cessent enfin de produire des émotions négatives et retrouvent le pouvoir réconfortant qu'ils avaient perdus.
Toutefois, pour éviter une récidive vous ne pourrez éviter de vous interroger sur les raisons qui vous avaient conduit à cette situation. Peut-être parce que vous vous sentiez incapable d'assumer un corps trop différent de celui que vous auriez aimé habiter. Ou parce que la nourriture a constitué pour vous un moyen efficace de taire des émotions douloureuses. Il vous reste donc à vaincre votre peur de grossir qui sinon vous fera remanger un jour ou l'autre. Et à apprendre à neutraliser vos émotions par des réponses appropriées qui vous éviteront de vous précipiter sur la nourriture. Il est bien possible qu'en cherchant à perdre quelques kilos vous soyez engagé dans un changement plus profond que vous ne l'aviez envisagé.
Vous l'aurez compris, devenir plus mince, c'est autre chose que maigrir.